Foot pourri ? Et si l’exemple venait des USA ?

Le football est, avec la politique, une source intarissables de commentaires, remarques et analyses qui animent les Café du Commerce. L’ignorance crasse de la grande majorité des « Français moyens » (très moyens) ne les empêche pas d’avoir un avis définitif sur tous les sujets et il suffit de leur dire « football » pour mettre en marche les usines à phrases toutes faites qui décidément ne connaissent pas la crise.

Au palmarès des maximes au raz des pâquerettes, juste derrière le fameux « Ils sont payés des millions pour taper dans un ballon » (ces gens-là considèrent-ils qu’un Stradivarius n’est qu’un bout de bois avec des cordes ?), arrive le fameux « Non mais de toute façon, le foot est pourri par l’argent ». D’accord, mais à quel point ? Comment ? D’où vient cet argent ? Qui l’investit ? Qui en bénéficie ? « Bah je sais pas… mais ils gagnent trop. »

Il serait vraiment naïf, pour ne pas dire idiot, de croire que des clubs sont prêts à mobiliser des sommes folles pour s’attirer les services de tel ou tel joueur-star (une minorité parmi les footballeurs professionnels)  dans un but uniquement sportif ! Pour l’amour du maillot ? C’te bonne blague ! Croyez bien que si les joueurs sont payés des millions, c’est qu’ils rapportent des milliards !

Le football a pour moi une vertu incroyable qui va bien au-delà des poncifs habituels (fédérateur social, etc.) : c’est un formidable aperçu de l’économie mondiale. Mettons les choses au clair tout de suite, je suis supporter (de l’OM), mais je n’aime pas le foot professionnel. Je soutiens mon équipe pour des raisons aussi floues qu’irrationnelles et le système que je vais décrire la concerne autant que les autres clubs. Je prends ces pincettes parce que je vais bien sûr parler de l’Ennemi, du Grand Satan : le PSG. N’y voyez pas là une bête querelle ou jalousie de supporter, je suis au-dessus de cela (malgré ma haine profonde pour ce club – et en refermant cette parenthèse, je referme avec elle mon animosité maladive et stupide pour le Petit Saint-Germain).

Que vous suiviez le foot ou non, il n’a pu vous échapper qu’en deux ans le club de la capitale est devenu une incroyable machine à gagner. On ne parle plus que d’eux, les montants des transferts atteignent des records chaque été et le club a même été classé cinquième plus riche d’Europe. Toute la presse s’est fait écho de la nouvelle avec ce chauvinisme niais qui la (nous ?) caractérise, se félicitant d’avoir enfin un club français au niveau des plus grands. Oui mais voilà, le cas du PSG pose problème car ce n’est pas un club tout à fait comme les autres.

Il est temps d’expliquer d’où viennent les revenus des clubs pros (hors investissement des actionnaires) :

– La billetterie

– Les produits dérivés (vente de maillots, etc.)

– Les accords commerciaux (sponsors)

– Les droits de diffusion TV

Et comme dans tous les autres sports professionnels, ce sont ces derniers (les droits TV) qui constituent le nerf de la guerre. Ils sont achetés par les chaînes de télé qui pourront diffuser les matchs. L’organisme ayant émis l’appel d’offre (dans le cas qui nous intéresse la Ligue de Football Professionnel et l’UEFA) redistribue ces droits aux clubs selon des calculs plus ou moins opaques. Sans rentrer dans les détails, les clubs les plus diffusés touchent la plus grande part, pondérée par des calculs savants de « notoriété ». Pour faire simple : les clubs les plus riches gagnent plus. Pour les plus grands clubs, ces revenus comptent pour près d’un tiers des revenus globaux.

Et c’est là que ça coince pour Paris. À tel point que certains journalistes ont timidement émis des doutes sur la véritable richesse du PSG, allant jusqu’à la traiter d’arnaque ou de trompe-l’œil. En effet, comme le montre l’article de Challenges, les proportions des revenus du PSG ne colle pas du tout avec celles de ses adversaires, jugez plutôt :

Source : challenges.fr

Le PSG se paie le luxe d’avoir les revenus les plus faibles du top 10 en terme de droits TV et les plus forts revenus commerciaux d’Europe !!! En clair : Paris vend pour 250 millions d’euros de produit dérivés ! Vous y croyez ? Non. Personne n’y croit à vrai dire. L’UEFA (fédération européenne regroupant les fédérations nationales et organisateur des coupes d’Europe)  a mis en place un « fair-play financier » (arrêtez de rire), ensemble de règles de gestion complexes qui peut se résumer par «les clubs ne peuvent pas dépenser plus qu’ils ne gagnent ». Et pour le PSG, cela paraît tellement improbable que l’UEFA va enquêter.

Il faut dire qu’il est particulièrement difficile de comprendre d’où part et d’où vient l’argent du PSG. M’inspirant librement de l’excellent article du MoustacheFootballClub (blog que je vous recommande chaudement), je vous propose un petit schéma fait par mes soins (en 5 minutes, ça se voit) en tentant d’être le plus clair possible.

Quelques précisions s’imposent : je n’ai pas mentionné toutes les filiales et groupes d’investissement du Qatar. J’ai résumé cela par « possède ». Vous pouvez vous amuser à rechercher chaque filiale et remonter jusqu’à ses dirigeants (je l’ai fait), vous tomberez immanquablement sur la famille royale Al-Thani. Je ne m’appesantirai pas non plus sur ce formidable pays qu’est le Qatar, qui n’est pas du tout une monarchie totalitaire et esclavagiste. Du tout.

Notons que mon schéma ne présente que 2 des aspects du graphique précédent : la billetterie et les droits TV. Je n’ai pas inclus les revenus commerciaux, car comme nous l’avons vu, c’est extrêmement flou. Pour ce qui est de la billetterie, rien de bien compliqué. Le PSG joue au Parc des Princes, propriété de la ville de Paris. Cette dernière en a confié l’exploitation à un groupement Vinci-Colony Capital (à qui le Qatar a acheté le club) qui prend en charge toute la maintenance et les éventuels travaux, et qui peut en échange percevoir un loyer de la part du PSG (bail emphytéotique). Or, le Qatar est le deuxième actionnaire au capital de Vinci et actionnaire unique du PSG. Vous trouvez que ça commence à sentir mauvais ? C’est pas fini. En 2011, Mickaël B. écrivait :

Colony Capital(…) se retrouve donc dans une situation délicate par rapport aux Qataris qui feront pression pour baisser le loyer du club, à la fois de l’extérieur (par l’intermédiaire de QSI, propriétaire du club) et QDREIC (actionnaire de Vinci ). Cette situation ubuesque porterait à sourire si l’état Français n’avait pas proposé une loi permettant aux titulaires des baux emphytéotiques de bénéficier également de subventions publiques pour la rénovation des stades. (Source)

Il n’était pas tombé très loin. Visiblement, les Qataris n’ont même pas besoin des subventions publiques puisque le club veut maintenant obtenir l’exploitation du stade. Et on comprend aisément que Colony Capital aura du mal à s’y opposer. Rappelons que les entreprises qatariennes investissant en France jouissent d’une fiscalité avantageuse accordée par le regretté (à vous de voir à quel degré le prendre) président Sarkozy… lui même très proche du club parisien.

Mais ce n’est pas fini ! Parlons maintenant des droits TV ! Un système semblable a été mis en place avec l’arrivée sur les écrans français de la chaîne sportive BeIn Sports. Ces derniers auraient acquis les droits TV de la plupart des matchs de Ligue 1 pour 150 M€ (Source pas super fiable) contre 420 M€ déboursés par Canal+ pour diffuser la grande affiche de chaque journée. Les revenus de ces droits sont mis dans un pot commun et en partie reversés aux clubs comme expliqué plus haut. Il en va de même pour les matchs de Ligue des Champions (revenus énormes). Or, vous le voyez venir, qui détient BeIn Sports ? C’est une filiale d’Al-Jazeera, la chaîne… qatarienne ! Le conflit d’intérêt est donc flagrant et Canal+ voit rouge. Ils oublient seulement qu’ils étaient dans le même cas lorsque la chaîne possédait le club (jusqu’en 2006). Une autre enquête vise donc le PSG, venant cette fois du CSA.

Je conclurai en rappelant qu’il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg et que les enquêtes ne mèneront probablement nulle part, tant le Qatar est puissant et influent en Europe (qui va vouloir se fâcher avec ceux qui investissent dans toute l’Europe ?). Il est tout de même à noter qu’on a là un terrain particulièrement favorable aux montages financiers plus ou moins honnêtes… Donc oui, le foot est pourri à un niveau que l’on imagine même pas, avec la complicité des politiques bien contents de voir de l’argent frais investi en France (quitte à faire un trait sur une grande partie des recettes fiscales), et de la Ligue qui voit ses droits TV exploser pour un spectacle d’une médiocrité pourtant affligeante.

« Ouais, bon, tu viens de nous montrer que le foot est pourri. Merci, on t’a pas attendu pour le savoir. C’est le sport professionnel qui veut ça. C’est pas possible d’y échapper. »

Certes, cher lecteur, mais laisse-moi te dire que si, on peut y échapper. Ces sommes considérables peuvent être redistribuées de façon égale entre tous les clubs. Il suffit d’aller voir… aux États-Unis !

Vous avez bien lu : aux États-Unis. Le pays des méchants néo-libéralistes, du pognon tout-puissant, des pro-business… On arrête là, c’est pas ce que vous croyez. À l’occasion du plus grand évènement sportif des États-Unis, le Super Bowl (finale du championnat de football américain) qui aura lieu dans la nuit de dimanche à lundi, laissez-moi vous parler du modèle économique de la NFL  (National Football League). J’étais tombé il y a quelques temps sur un épisode de l’excellent Daily Show with Jon Stewart (que je ne peux que vous conseiller) qui disait que la NFL était… socialiste. La pire insulte et un soufflet adressé à tous les nostalgiques du maccarthysme. Il s’agit au départ d’une livre polémique du chroniqueur progressiste américain Bill Maher. Voici une vidéo explicative (en anglais), que je reprendrai par la suite.

Je vais commencer par clarifier un point : non la NFL n’est pas socialiste, les Américains ont juste du mal à saisir la notion même de socialisme. Mais passons, car par contre, la NFL redistribue équitablement les richesses, et ça change tout.

Le championnat NFL englobe 32 clubs appelés « franchises » divisés en deux conférences Est et Ouest. À la fin de chaque saison « régulière », les 4 meilleures équipes de chaque conférence s’affrontent dans une phase à élimination directe (c’est un poil plus compliqué que ça mais peu importe), jusqu’à la finale : le Super Bowl. Les droits TV pour toute la saison s’élèvent à… accrochez-vous bien… 27 milliards de dollars !!! Et chaque équipe se voit reverser une somme égale. Ainsi, le vainqueur du Super Bowl touchera autant que la plus mauvaise équipe de la saison régulière. Et ce n’est pas fini…

Dans « notre » football européen, les plus grosses sommes engagées constituent les transferts de joueurs d’un club à l’autre, autrement dit les indemnités reversées à un club pour rompre le contrat qui l’unit au joueur. Le marché des transferts (mercato) a lieu en été et en hiver. Dans le foot US, ce marché s’appelle le draft et possède un fonctionnement très différent : à chaque inter-saison, chaque équipe choisit à tour de rôle les joueurs placés sur la liste des transferts dont elle veut s’attacher les services. C’est l’équipe la moins bien classée qui commence et le vainqueur du Super Bowl qui termine. Quand la première série de choix est terminée, la seconde recommence avec l’équipe en haut de la liste. Ainsi, les plus mal classés peuvent choisir en priorité les meilleurs joueurs pour renforcer leurs effectifs. Les contrats sont passés entre le joueur et la NFL, et non entre le joueur et le club. Il existe cependant une monnaie d’échange entre les clubs : le nombre de choix pour le draft. Une équipe A pourra donc accepter d’échanger un certain nombre de choix avec une équipe B, et cette dernière, en échange, ne recrutera pas tel joueur qui intéresse l’équipe A, bien que l’équipe B soit prioritaire dans le draft. L’équipe A pourra donc recruter le joueur. Au tour suivant, l’équipe A passera son tour et l’équipe B pourra recruter plusieurs joueurs. Pas mal comme système, non ? C’est un peu comme à l’école. En termes économiques, cela correspond à sanctionner la réussite dans l’idéologie ultra-libérale.

Mais la NFL va encore plus loin : bien que très élevés, les salaires des joueurs sont réglementés. On appelle cela le salary cap ou plafonnement des salaires. Ainsi, la masse salariale d’une équipe ne peut pas excéder un certain plafond, qui est bien évidemment la même pour toutes les équipes. Et rassurez-vous pour les stars du foot US, ils vivent largement aussi bien que nos footballeurs !

Ce joli modèle économique a surtout des résultats intéressants : chaque équipe ayant les mêmes chances d’arriver en finale, il y a eu cinq vainqueurs et cinq finalistes différents lors des cinq derniers Super Bowl. Ceci est totalement inenvisageable dans notre Champions League.

Mais alors un tel modèle pourrait-il être transposable au foot européen ? Il paraît que non, qu’il n’y a pas d’autre alternative, que ce n’est pas la peine d’y penser. Mais ce sont les dires de ceux qui se taillent la part du lion… pourquoi voudraient-ils changer un système qui leur profite tant ? Nombreux sont ceux en Europe qui affirment pourtant que le modèle économique actuel n’est pas viable. Toute similarité avec l’économie globale est évidemment fortuite.

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5 réflexions sur “Foot pourri ? Et si l’exemple venait des USA ?

  1. Et ce sera peut-être le prochain modèle économique en place quand ils mettront en place une NBA du foot européen !! Ce qui a déjà été envisagé par certains des présidents véreux. On voit bien déjà les mêmes équipes en quarts de la LdC (ce qui perso m’a fait perdre de l’intérêt pour cette compet’). Le foot d’Europe de l’Est, écossais, belge se sont déjà cassés la gueule. Fin bref, quand l’écart sera trop grand entre petits et grands, peut-être qu’ils passeront à ce système.
    Une remarque à faire tout de même. Les franchises US du Big 4 (NHL, MLB, NBA et NFL) n’ont pas eu trop affaire aux proprios étrangers avec des fonds illimités SAUF que l’arrivée d’un russe chez les Brooklyn Nets est peut-être en train de changer la donne ! En NBA (en NFL je sais pas), les franchises sont soumises à un salary cap, qui si il est dépassé engendre une luxury tax qu’il faudra régler (une amende quoi !). Or le boss des Nets ça le gêne pas ! http://bleacherreport.com/articles/1699996-brooklyn-nets-set-to-pay-highest-luxury-tax-bill-in-nba-history Donc bon affaire à suivre.

    • Je connais pas du tout le modèle économique de la NBA, par contre la MLB a un modèle plus proche du « nôtre » (en particulier avec ma vente de joueurs au Japon). Le salary cap en NFL est un hard cap avec des pénalités très couillues (résiliation de contrats, pertes de tours en draft, etc.).
      Pour la LdC on est en effet très proche, seule une poignée d’équipes peut effectivement la gagner. Je ne sais honnêtement pas si le système NFL pourrait être appliqué mais il faudra penser à une refonte avant que tout le monde s’en tape…

  2. Le système americain est quand même extrêmement différent à la base ! Je connais mieux la NBA que la NFL mais déjà pour moi la draft n’est pas un système de transfert comme un mercato mais un système de recrutement de joueurs sortant de l’université (+ certains lycéens ou joueurs étrangers mais plus minoritaires)! Le sport a l’université chez nous n’existe pas, du coup le principe de draft n’a même pas la possibilité d’exister… Certaines universités ont des équipes aussi populaires que les équipes de ligues majeures (NBA, NFL,…).
    La draft a pour but d’équilibrer les équipes au sein d’une même ligue, mais aux états-unis, les ligues sont fermées (pas de système de montée et descente avec des ligues inférieures!), c’est un système où certaines équipes ont decidé en gros de jouer les unes contre les autres… Très différent de notre système de championnat qui comprend au final bcp plus d’équipes (ligue 1 + ligue 2 etc… rien que pour la france alors au niveau européen… ).
    Le marché des transferts existent bel et bien dans les ligues, même si il y a enormement de règles à respecter (encore une fois, je connais moins bien la NFL, il y a visiblement une notion de « franchise player » qui permet de limiter le transfert d’un joueur par exemple, ce qui n’existe pas en NBA, le terme de « franchise player » étant plus honorifique…) mais un joueur libre (une fois qu’il a finit son contrat) peut signer où il le souhaite ! Les équipes ont effectivement quand même un plafond de salaires, je sais pas si il y a des exceptions en NFL comme il peut en exister en NBA par exemple (via la luxury tax), mais effectivement ca permet de garder une certaines équité entres les équipes.
    Au fond tout ca se joue entre quelques équipes! est ce que ca ne revient pas au fond au même au niveau de la ligue des champions chez nous? Une quinzaine d’équipe ayant les moyens financiers de se payer les joueurs capables de la gagner… Il y a quand même eu 8 vainqueurs différents en 10 ans en ligue des champions, pas si dégueulasse que ca au niveau du suspense!
    Même si j’avoue que je déteste le foot européen et son organisation! je préfère quinze mille fois le système américain mais les bases ne sont pas les mêmes et je pense que c’est totalement impossible de transposer ca chez nous a part en créant une ligue fermées des meilleurs clubs européens, est ce vraiment ce que tu veux??? et est ce que ca en ferait un système plus sain, pas sur… La partie « commerciale » (produits dérivés, publicités, ….) de ton graphique reste le nerf de la guerre et ca ca n’est pas contrôlé non plus aux states, les sportifs américains restent les mieux payés du monde grâce à ca!!! (6 joueurs de football américains dans les 20 sportifs les mieux payés du monde… pas très socialiste tout ca…)

    • Désolé mon Nolly, j’ai laissé passer le temps et oublié de te répondre.
      Tu as tout à fait raison pour le draft, car comme tu le dis, le système de sport de haut niveau en Europe est profondément différent avec l’absence de ligues universitaires comme antichambres des ligues pros. Néanmoins on pourrait contourner le problème en donnant par exemple ce statut aux ligues nationales. Ça impliquerait un chamboulement global en Europe jusqu’au niveau amateur et c’est l’une des raisons pour lesquelles un tel système est inapplicable en l’état… pour le moment.
      En effet il y a eu pas mal de vainqueurs différents en LdC depuis 10 ans, et des équipes comme le PSG ou l’Atlético Madrid ne risquaient pas de pouvoir prétendre à la coupe au grandes oreilles il n’y a ne serait-ce que 3 ans. En parlant de l’Atlético, ils ont réussi la prouesse d’atteindre les demies en virant le Barça avec un budget inférieur à celui de l’OM ou de Lyon… (bon après, on peut se poser des questions sur les accords commerciaux avec l’Azerbaijan, mais c’est une autre histoire).
      Là où je ne suis pas vraiment d’accord avec toi c’est quand tu dis « Au fond tout ca se joue entre quelques équipes! est ce que ca ne revient pas au fond au même au niveau de la ligue des champions chez nous? Une quinzaine d’équipe ayant les moyens financiers de se payer les joueurs capables de la gagner… ». Depuis l’arrêt Bosman (j’écrirai bientôt un article dessus) il y a eu en effet environ 15 vainqueurs différents (j’ai pas les chiffres sous les yeux) et cette nouvelle donne (pour pas dire révolution) semble un peu se tasser et j’estimerais aujourd’hui à une dizaine le nombre d’équipes semblant capables de gagner la LdC dans les 5 prochaines années (Real, Barça, Atlético (?), Juve, Roma, Milan (AC ? Inter ? les deux ? aucun ?), PSG, ManU, Chelsea, Bayern, Dortmund). Si ça ressemble effectivement à une ligue fermée, alors pourquoi ne pas arrêter d’entretenir l’illusion que sur 2 ans, Sochaux a autant de chances de la gagner que le Bayern ? Et on reste très loin des 32 vainqueurs possibles de NFL, où il n’est pas exclu qu’une équipe nullissime sur une saison gagne le SuperBowl celle d’après (strictement impossible au foot).
      Quoi qu’il arrive, en effet, l’aspect commercial reste le nerf de la guerre. Mais alors pourquoi ne pas faire une ligue fermée avec un budget identique et un mercato au tour par tour pour tous les clubs qui comptent déjà parmi les plus riches (et donc le resteraient) mais où l’argent n’aurait plus du tout le même impact sur l’aspect sportif ? Je sais bien que c’est un souhait vain, et que sans enjeu économique majeur, il n’y a aucune raison de changer un système déjà gagnant pour les décisionnaires (grands clubs et FIFA/UEFA). L’avènement du PSG et de l’Atlético est une aubaine pour eux car ils induisent un semblant de renouvellement. Et tant que les spectateurs continuent à regarder (qu’ils soient satisfaits ou pas) la LdC, aucun signal ne les pousse à changer quoi que ce soit. La vision à court terme est, dans le foot comme ailleurs, largement majoritaire.

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