La presse jeux vidéo se réjouit de la corruption chez les Youtubers

Voilà plusieurs semaines que je m’intéresse aux rapports privilégiés entre la presse, les politiques et les grands groupes. Je voulais écrire un billet à ce sujet mais n’ayant pas grand chose de plus pertinent à écrire que ce que l’on peut déjà trouver (en cherchant bien), et pour ne pas tomber dans les poncifs de pilier de bistrot de type « tous pourris », je me suis abstenu.

Mais voilà que l’actualité me fait un beau cadeau ! Et qui plus est dans le milieu du jeu vidéo ! Oui, on va encore parler de jeu vidéo, mais après tout je suis plus à l’aise pour parler de ce que je connais. J’ai aussi un billet sur l’avenir du sport automobile dans mes tiroirs, mais on va faire comme BFM (ou BFN ?) TV, place à l’actu !

Laissez-moi tout d’abord vous présenter les forces en présence :

La presse vidéoludique qui a connu son heure de gloire dans les années 90 – début des années 2000 sur support papier. Elle a subi de plein fouet l’avènement d’internet et n’a pas su (ou pu) s’adapter au nouveau rapport des joueurs à l’information. MER7, l’éditeur français qui détenait le quasi-monopole de la publication vidéoludique (pas moins de 15 journaux et magazines), a d’ailleurs été placé en liquidation judiciaire en 2012. Ce sont donc les sites internet spécialisés gratuits qui ont repris le flambeau : jeuxvidéo.com, qui représente la plus grande partie de « audience » (selon Usul) et Gamekult, l’un des plus anciens sites français spécialisés. Je pourrais en citer bien d’autres, mais j’aurai l’occasion d’y revenir.

Les éditeurs de jeux vidéo qui font le lien entre les studios développant les jeux et le public. Ils ont plus ou moins d’influence dans le développement du jeu, et se chargent de le promouvoir, le distribuer, le faire localiser, etc. Pour faire un parallèle avec le cinéma, si le studio de développement correspond au réalisateur et son équipe, l’éditeur est le producteur.

Les joueurs qui sont la cible des deux précédents. Ils achètent les jeux mais s’informent également sur les jeux à venir. Ils consultent les avis des spécialistes de la presse en ligne avant de passer à la caisse. Cependant, Youtube a bouleversé les habitudes de ces derniers : il est en effet de plus en plus aisé de diffuser des vidéos de leurs jeux. Ils enregistrent leur partie et la mettent en ligne en quelques clics.

Je te connais, lecteur attentif, une remarque te brûle les lèvres : « Un truc ne colle pas. Les éditeurs vendent les jeux, les joueurs les achètent. Jusque là, rien d’étonnant. Mais la presse dans tout ça ? Si c’est gratuit en ligne, ils vivent de quoi ?». Excellente remarque, ami lecteur, et tu connais déjà la réponse : de la pub, bien sûr ! Certains ont tenté un modèle d’abonnement, mais les lecteurs se sont montrés réticents à l’idée de payer pour quelque chose qu’ils trouvent gratuitement chez la concurrence. C’est d’ailleurs là la vraie interrogation dans ma démarche, quelle est la plus-value apportée par la presse vidéoludique ? Mais ne brûlons pas les étapes.

« Donc la presse en ligne vit de la pub, très bien, t’en as beaucoup du sensationnel comme ça ? » Déjà, ami lecteur, je vais te demander de baisser d’un ton. Et je t’encourage à visiter l’un de ces sites comme celui-ci choisi (presque) au hasard. Que constates-tu ? De la pub partout, comme prévu. Mais de la pub pour quoi ? Pour des jeux vidéos bien sûr !  En outre, tu remarqueras que 90 % des articles traitent des jeux à venir (images de jeux en développement, essais en avant-première, interview de développeurs, etc). On a donc  là le support de communication des éditeurs. Il s’agit donc d’une relation d’inter-dépendance des trois acteurs, et tout ça en milieu fermé :


L’éditeur a besoin de faire parler des jeux qu’il compte vendre à court ou moyen terme, il fournit donc à la presse des informations sur ces derniers (images, bandes-annonces) en essayant de les distiller de façon périodique, afin de rappeler régulièrement au joueur que leur jeu va bientôt être en vente. Le joueur, qui est un passionné, se rend donc sur les sites de presse vidéoludique pour trouver ces informations, mais également pour lire les critiques (les tests) des rédacteurs (je ne dis pas journalistes, vous commencez à comprendre pourquoi) afin de s’assurer qu’ils ne vont pas gaspiller plusieurs dizaines d’euros lors de leur prochain passage en caisse. Le joueur tombe donc, au milieu des infos qu’il est venu chercher, sur de la pub pour d’autres jeux. C’est donc là que la presse fait son beurre, en vendant des espaces publicitaires aux éditeurs. La boucle est bouclée.

Comprenons-nous bien, si les encarts publicitaires étaient majoritairement achetés par Carrefour ou Coca-Cola, il n’y aurait aucune différence avec les sites de presse généralistes. C’est donc parce que l’objet de cette publicité est justement le sujet de la presse que cela pose un problème évident d’indépendance. Si ce sujet vous intéresse, je ne peux que vous conseiller tout ce qu’a fait Usul, sur Youtube, mais également dans  Ragemag et ce que font les intervenants du site nesblog en général. Citons aussi le site MerlanFrit pour être complet sur ce sujet.

Cet état des lieux ainsi fait, venons-en enfin au sujet qui m’intéresse aujourd’hui. J’ai évoqué Youtube comme un changement radical chez les joueurs. J’aurais pu inclure les blogs, mais ce qui est capital sur Youtube c’est la pondération, la visibilité qui met (quasiment) toutes les vidéos sur un pied d’égalité. Ainsi, en cherchant un jeu, vous tomberez à la fois sur les vidéos officielles de l’éditeur, mes également sur des parties mises en ligne par des joueurs lambda. Par conséquent, si vous souhaitez savoir à quoi ressemble tel ou tel jeu, pourquoi ne pas simplement regarder quelqu’un d’autre jouer, et accessoirement écouter ses impressions ? Oui mais voilà, vous venez de court-circuiter notre petit milieu en vase clos sus-mentionné. Sans passer par la presse, vous n’avez donc pas besoin des rédacteurs pour vous faire un avis (une première impression en tout cas) et vous n’êtes pas tombé sur la pub pour le jeu X ou la console Y. Si vous utilisez Youtube depuis longtemps, vous avez constaté l’arrivée massive de la pub ces dernières années (tiens donc). Et c’est là la troisième révolution de la presse vidéoludique. Les éditeurs ont bien compris qu’il y avait un énorme marché dans ces vidéos d’amateurs. Youtube a proposé à ses utilisateurs de monétiser leurs vidéos, ou plutôt monétiser le nombre de vues qu’elles représentent, en vendant aux annonceurs des espaces publicitaires avant et pendant leur vidéo. Quelques euros pour chaque millier de vues, et soudainement les prix des encarts publicitaires sur les sites de presse dégringolent et avec eux, si vous avez suivi, les recettes. De quoi fortement les énerver. Mais ils ont la parade : ce sont des professionnels. Certains, mais pas tous, sont même journalistes ! Avec la carte, l’éthique et la déontologie qui vont avec ! Et non les petits cadeaux des éditeurs n’ont aucune influence sur leur ligne éditoriale. Enfin pas trop. Un minimum. Faut pas se fâcher avec les clients.

Ceci n’est pas le fruit de mon imagination féconde, mais la synthèse d’une émission d’Arrêt sur images sur l’indépendance de la presse vidéoludique où étaient invités deux journalistes (Ivan le Fou de CanardPC, un des survivants de la presse papier, ainsi que Gaël Fouquet rédacteur en chef chez Gamekult) un Youtubeur/chroniqueur sur jeuxvidéo.com (Usul, évidemment), et Julien Chièze, rédacteur en chef de Gameblog. Ce dernier ne se définit pas comme journaliste bien que son site soit parfaitement semblable à ceux de ses concurrents, mais comme ménestrel. En effet, le jeune homme type jeune entrepreneur UMP fait également des ménages pour les éditeurs en vendant son image et ses services pour faire entre autres des animations dans les salons de jeu vidéo. La confusion des genres, pour ne pas dire le conflit d’intérêt, atteint donc avec lui son paroxysme. Voici l’émission dans son intégralité (rassurez-vous, si vous ne voulez perdre une heure quarante, je vais soulever les points importants par la suite).

Je ne vais pas tirer sur l’ambulance Julien Chièze, tout a déjà été dit à son sujet mais notez le titre taquin de la vidéo « Parfois il m’arrive de faire un travail journalistique ». Ce qui me frappe, c’est la « performance » des deux journalistes, que j’aime bien au demeurant. Mal à l’aise, totalement incapables de définir l’aspect journalistique qu’ils apportent dans leur traitement de l’info au-delà de leur sacro-sainte carte de presse, pour s’embourber dans des poncifs d’éthique, de déontologie et de méthode de travail à un point que cela en devient gênant. Mais ce qui m’a le plus déçu, c’est ce foutu corporatisme qui semble être congénital chez tous les journalistes.

Je dois vous parler du DoritosGate pour illustrer ce point. Pour faire court, tout est parti d’une image d’un journaliste Canadien au regard bovin, posant entre une affiche de jeu Microsoft et un paquet de chips dégueulasses Doritos bien mis en évidence. Ceci a provoqué la colère d’un journaliste écossais (Robert Florence) qui a violemment dénoncé tout ce qui n’allait pas dans le milieu de la presse vidéoludique : copinage, pub, sexisme…etc. Cette affaire a eu un écho retentissant car de nombreux joueurs se plaignent depuis longtemps du manque de transparence de cette presse. Cliquez sur l’image du bovin pour accéder à l’excellent article de MerlanFrit qui détaille bien mieux que moi tout ce que j’ai décrit jusqu’à présent.

Regard bovin et placement de produit éhonté (merlanfrit.net)

Ainsi lorsque Daniel Schneidermann (regardez les documentaires de Pierre Carles, tout cela prendra une autre dimension) les interroge sur le DoritosGate, Gaël Fouquet répond pour une fois avec aplomb qu’ils ne veulent pas traiter de l’actualité de la presse elle-même, parce que « ça n’intéresse pas les lecteurs ». Ça n’est pas vraiment à lui d’en décider mais admettons, après tout c’est la ligne éditoriale de son site. Il le répétera dans un entretien, toujours chez MerlanFrit :

« Oui, c’est intéressant, mais je ne suis pas certain que pour le lecteur qui vient s’informer sur le jeu vidéo ce soit si intéressant que ça. » (Gaël Fouquet)

 Peut-être était-il surpris qu’un autre journaliste mette en question ses choix éditoriaux et d’une manière plus générale, la pertinence de son travail de journaliste. En 1h40 d’émission il ne parviendra pas à expliquer ce qui différencie son travail de journaliste de celui des rédacteurs, alors que son site jouit d’une bonne réputation (à mon sens méritée), même s’il avoue dès le début ne pas être totalement indépendant par rapport aux annonceurs. Il a le mérite d’être honnête à défaut d’être convaincant. Il transparaît dans cette vidéo ainsi que dans toute la presse vidéoludique une condescendance voire un mépris pour les Youtubers qui bénéficient depuis quelques temps des privilèges et petits cadeaux qui leur étaient jusqu’à présent réservés. Ils mettent en garde leurs lecteurs contre ces nouvelles stars (éphémères ?) du jeu vidéo, expliquant à raison, que ce sont des amateurs ou presque à qui il ne faut pas accorder trop d’importance car les risques de collusion et de corruption, pour employer un bien grand mot, sont importants. C’est tout à fait vrai, mais je pense que la plupart de lecteurs sont au courant. Si vous regardez les émissions de Cyprien Gaming, comment imaginer un seul instant que ce mec est impartial et ne touche rien de la part des éditeurs ? C’est vrai pour tous les autres. Mais il faudrait rappeler aux journalistes que c’est avant tout vrai pour eux. L’immense majorité des Youtubers rémunérés par la pub ne gagnent pas de quoi se payer un paquet de clopes à la fin du mois, et pourtant ce sont ces mecs-là qui collent les chocottes à toute la presse. Les visiteurs continuent d’affluer sur leurs sites, mais leurs revenus publicitaires (et donc leurs revenus tout court) chutent parce que les éditeurs ont compris qu’il était plus économique d’envoyer leur jeu à une centaine de youtubers populaires qu’inviter 50 journalistes dans un hôtel de luxe pour leur faire essayer leur nouveau jeu. Bon, ils le font tout de même avec les plus « gros » youtubers, qui sont donc conviés aux présentations presse… avec ces mêmes journalistes. Il doit y avoir la même ambiance qu’il y a 10 ans lorsque les journalistes web devenaient majoritaires dans les événements presse par rapport au journalistes « papier »… Je ne dis pas ça innocemment, il est en train de ce produire une nouvelle révolution, mais les victimes sont cette fois ceux qui avaient profité de la chute de la presse papier. À eux de se remettre en question, prendre du recul sur leur propre travail et à se rendre à nouveau indispensables auprès des joueurs. Cela passera peut-être par un nouveau mode de financement, mais en tout cas, c’est à eux et eux seuls que revient la tâche de pérenniser leur profession.

Pas mal comme conclusion, non ? J’aurais pu m’arrêter là et je vous aurais fait perdre du temps avec un billet qui ne serait qu’une pâle copie d’articles qui ont traité ce sujet bien plus en profondeur, en donnant la parole aux différents acteurs du débat. « Ah parce ça va être encore long tes histoires ? Déjà que ça ne m’intéresse qu’à moitié et que je lis ça pour te faire plaisir… » Non ce ne sera pas long. Mais au moins j’ai du neuf ! Et merci d’avoir tenu jusque là au passage.

Je disais au début du billet que l’actualité avait volé à mon secours. Eh bien oui, un nouveau scandale agite les mêmes acteurs. Microsoft aurait payé des utilisateurs de Youtube pour dire du bien de leur nouvelle console. Voilà qui en remet une couche à la communication désastreuse de Microsoft dont je vous avais déjà parlé. Quelle ne fut donc pas ma surprise d’avoir découvert l’info… je vous le donne Émile… à la une de Gamekult.com ! Vous vous souvenez, ceux qui estimaient que le DoritosGate n’intéressaient pas leurs lecteurs ! Et c’est l’information du jour sur tous les sites de jeux vidéo français ! Gamalive (site que j’apprécie tout particulièrement pour son ton) révèle à son tour qu’Electronic Arts (l’un des plus gros éditeurs) en aurait fait de même.

J’ai donc réalisé une mini-expérience parmi mes sites préférés. S’ils en ont tous parlé, avaient-ils évoqué le DoritosGate ? L’ont-ils au moins fait à cette occasion ? Et le résultat est édifiant :

Gamekult.com – Aucune mention du DoritosGate, justifié par la rédaction- Article en une pour le Youtube gate.

Gamalive.com – Aucune mention du DoritosGate – Article sur le Youtube gate et le EAgate

Jeuxvidéo.com – Aucune mention du DoritosGate – Article sur le Youtube gate

Donc des journalistes transformés en hommes-sandwich ça n’intéresse pas les lecteurs, mais des Youtubeurs payés par les éditeurs pour faire de la promo, c’est important. J’avoue ne plus voir très clair dans les lignes éditoriales. Si le Doritosgate est un non-évènement, alors en quoi le Youtubegate en est un ? Si ce n’est que cela ne concerne pas leurs confrères mais leurs concurrents. On notera au passage le ton employé par les journalistes pour traiter de cette brève :

« On feint la surprise : Microsoft aurait négocié un accord commercial (…) » (Gamekult.com)

« Et sinon, votre confiance dans les Youtubers, ces derniers temps, elle est comment ? » (Gamalive.com)

Ce sarcasme ambiant a quelque chose de tout à fait cynique, les mêmes qui refusent à raison d’entrer dans le jeu de ceux qui les accusent d’être corrompus semblent se réjouir de façon éhontée que ces pratiques touchent leurs concurrents qui n’ont même pas conscience de l’être. Je ne prends pas part pour les Youtubers, je ne fais pas partie de leur public et je n’ai jamais été assez naïf pour croire qu’ils n’étaient approchés par les éditeurs. Je ne suis pas non plus naïf au point de croire que les journalistes peuvent être achetés par les éditeurs, ce qu’il se passe avec les Youtubers n’aurait pas pu se passer de cette façon avec eux. D’où les soirées, les petits cadeaux, le champagne, les relations « amicales mais professionnelles » avec les attachés de presse, bref tout ce qui peut inciter journalistes et rédacteurs à l’auto-censure. Cependant à mon sens, ces derniers sont pour la plupart profondément sincères quand ils disent que cela n’entache pas leur liberté et leur indépendance. Il y aura bien sûr des pourris, mais la proportion est elle significativement différente sur Youtube et dans la presse vidéoludique ? Je n’en sais rien, mais voir des professionnels se réjouir des déboires des « petits » touchés par un semi-scandale (moi aussi j’ai feint la surprise lors du DoritosGate), ça me met mal à l’aise.

Je suis particulièrement déçu de Gaël Fouquet et Cedric Gasperini, qui sont deux journalistes que j’apprécie énormément. Ce dernier a même fondé Gamalive, site indépendant qui justement a défini sa ligne éditoriale aux antipodes du copinage et de la dépendance aux éditeurs, avec un ton impertinent et souvent juste. Cette non-affaire ne remet pas en doute cette ligne, mais j’attends beaucoup mieux de ces journalistes. Encore une fois c’est à eux à prouver qu’ils ont quelque chose de plus à apporter par rapport aux clampins de Youtube, c’est à eux à se rendre indispensables auprès des lecteurs par la qualité de leur contenu. Les lecteurs ne leur doivent rien. S’ils n’en profitent pas pour ce remettre en question dès maintenant au lieu de se complaire dans le sarcasme, j’ai bien peur qu’ils subissent bientôt le même sort que la presse papier.

Mise à jour : Pendant que j’écrivais maladroitement ces lignes, Gamekult a publié un démenti de Microsoft et le précédent article a disparu de la page d’accueil du site (mais reste toujours disponible). Microsoft est constructeur de consoles, développeur et éditeur de jeux. Je n’insinue rien, mais le communiqué échappe cette fois au sarcasme du journaliste. Faudrait pas se fâcher avec un client…

Nouvelle mise à jour : Après coup, il me semble important d’ajouter un petit élément à la relation d’inter-dépendance entre la presse et les éditeurs. En effet, si l’on a bien compris que les éditeurs ont un grand pouvoir auprès de la presse en leur fournissant régulièrement de l’« info » et en achetant les encarts publicitaires, la presse elle-même a un grand pouvoir sur les éditeurs. En effet, les notes données aux jeux par les rédacteurs (oui, oui comme à l’école) sont capitales pour ces derniers. Il existe même un agrégateur regroupant des centaines de critiques mondiales (pour les jeux mais également les films, séries télé et autres « produits culturels ») selon un algorithme complexe et opaque (tiens tiens) et donnant aux jeux une note définitive sur 100, censée représenter un consensus. Tous les sites ne sont pas pris en compte (sur quoi se basent-ils pour choisir leurs sources et établir leurs pondérations ? ) et il est à noter que ce site est propriété du groupe de médias américain CBS (oh tiens, comme Gamekult). La note Metacritic est devenue capitale pour les éditeurs : une note décevante et c’est l’action qui chute, un studio qui ferme… parfois pour un point sur cent ! On comprend donc mieux pourquoi les éditeurs ont tant besoin de chouchouter les rédactions, rendant le vieil adage du marketing « en bien ou en mal, l’important c’est qu’on en parle » totalement obsolète.

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